Après la rénovation de la cheminée, les ouvriers ont découvert une boîte métallique… À l’intérieur se trouvaient des photographies de tous les habitants de la maison, y compris des nouveaux propriétaires.

by newzuzustory
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Lorsque mon mari Julien et moi avons acheté cette vieille demeure en pierre à la sortie de Limoges, tout le monde nous a dit la même chose :

— Vous avez de la chance. Cette maison est restée inhabitée pendant près de vingt ans.

L’agence immobilière nous avait expliqué que les derniers propriétaires étaient morts sans héritiers directs et qu’après une longue procédure, la propriété avait finalement été vendue.

Nous adorions son immense cheminée en granit qui occupait presque tout un mur du salon.

Seul problème : elle ne fonctionnait plus.

Un matin de septembre, deux maçons sont venus la restaurer.

Vers midi, l’un d’eux m’appela.

— Madame… Vous devriez venir voir.

Je crus d’abord qu’ils avaient découvert une fissure importante.

Mais en m’approchant, je vis un espace dissimulé derrière une rangée de vieilles pierres.

À l’intérieur reposait une petite boîte métallique entièrement recouverte de rouille.

Le couvercle résistait.

Après plusieurs minutes, l’ouvrier réussit enfin à l’ouvrir avec un pied-de-biche.

À l’intérieur se trouvaient des dizaines de photographies parfaitement conservées dans des pochettes plastifiées.

Je regardai la première.

Une famille posait devant notre maison.

La photo datait probablement des années soixante.

La suivante montrait un couple plus âgé.

Puis une autre famille.

Encore une autre.

Chaque décennie semblait représentée.

Les habitants changeaient.

La maison restait identique.

Même les volets étaient exactement de la même couleur.

— C’est étrange…, murmura Julien.

Puis je tirai une photographie tout au fond.

Mon souffle se coupa.

Elle nous représentait.

Julien et moi.

Debout devant cette même cheminée.

Le sourire aux lèvres.

Sauf que cette photo n’avait jamais été prise.

Je connaissais chacun de nos vêtements.

Ils existaient.

Mais nous n’avions jamais posé ainsi.

Je retournai le cliché.

Une date était inscrite au stylo.

14 octobre.

Dans trois semaines.

Je sentis mes jambes trembler.

Les ouvriers se regardèrent sans comprendre.

— C’est sûrement une mauvaise plaisanterie…, souffla l’un d’eux.

Je voulais y croire.

Le soir même, nous avons étalé toutes les photographies sur la table.

Elles racontaient près de quatre-vingts ans d’histoire.

Chaque famille ayant vécu ici possédait exactement trois clichés.

Le premier montrait son arrivée.

Le deuxième semblait avoir été pris quelques années plus tard.

Le troisième…

Il était toujours daté du jour où cette famille quittait définitivement la maison.

Certaines vendaient.

D’autres disparaissaient.

Pour plusieurs d’entre elles, la dernière photographie correspondait à la date de leur décès.

Impossible.

Les archives municipales nous confirmèrent pourtant les noms.

Toutes ces personnes avaient réellement vécu ici.

Les dates correspondaient.

Mais personne ne pouvait expliquer l’existence de ces clichés.

En rentrant, nous avons découvert quelque chose d’encore plus inquiétant.

Sous chaque photographie figurait une petite annotation manuscrite.

« Ils sont restés six ans. »

« Leur fille reviendra. »

« Lui ne découvrira jamais la vérité. »

Les phrases semblaient écrites par quelqu’un qui connaissait parfaitement l’avenir.

Julien éclata de rire nerveusement.

— Quelqu’un voulait juste effrayer les prochains propriétaires.

Je hochai la tête.

Sans conviction.

Deux jours plus tard, notre voisine, Madame Bernard, passa nous apporter une tarte.

En voyant les photographies sur la table, son visage devint livide.

— Où avez-vous trouvé ça ?

Je lui racontai la découverte.

Elle resta silencieuse pendant plusieurs secondes.

Puis elle murmura :

— Mon grand-père parlait parfois d’un homme qui photographiait tous les habitants du quartier. Personne ne savait où il développait ses pellicules. Mais il disait toujours une phrase.

— Laquelle ?

Elle baissa les yeux.

— « La maison choisit ceux qu’elle veut garder en mémoire. »

Avant que je puisse poser d’autres questions, elle repartit précipitamment.

Cette nuit-là, je ne dormis presque pas.

Vers deux heures du matin, un bruit métallique résonna dans le salon.

Je descendis.

La boîte était ouverte.

Pourtant, je l’avais refermée.

Une nouvelle photographie reposait dessus.

Je la pris entre mes mains.

Elle représentait notre jardin.

Pris depuis l’étage.

Les lumières étaient allumées.

Je distinguais clairement Julien dans la cuisine.

Et moi…

J’étais debout dans le salon.

Tenant précisément cette photographie dans mes mains.

Je laissai tomber le cliché en poussant un cri.

Julien accourut.

Quand il le ramassa, il devint blanc.

Au dos figurait une heure.

02 h 17.

Je consultai immédiatement mon téléphone.

Il était exactement 02 h 17.

Le lendemain, nous avons décidé d’apporter la boîte à la gendarmerie.

Mais lorsque l’officier ouvrit le carton dans lequel nous l’avions transportée, il fronça les sourcils.

— Vous êtes certains qu’il y avait des photographies ?

La boîte était vide.

Absolument vide.

Nous sommes rentrés chez nous, persuadés de devenir fous.

En ouvrant la porte d’entrée, une enveloppe blanche nous attendait sur le parquet.

Sans timbre.

Sans expéditeur.

À l’intérieur se trouvait une seule photographie.

Nous étions beaucoup plus âgés.

Les cheveux gris.

Toujours dans cette maison.

Au dos, une simple phrase était écrite d’une écriture tremblante :

« Merci d’avoir gardé la boîte jusqu’à ce que ce soit votre tour. »

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