L’égoutier croyait devoir gérer un simple bouchon, jusqu’à ce qu’il tombe sur quelque chose qui le laissa sans voix. Au départ, l’intervention semblait banale : une obstruction de plus dans le réseau de la ville.
Déchets, branches, débris… un travail ingrat mais connu.
Dès qu’il descendit sous terre, il sentit que quelque chose n’allait pas. L’air était lourd et humide, chargé d’une odeur étrange. L’eau dans le canal était trop haute, presque au bord. Ce n’était pas normal.

Il avança, sa lampe éclairant les parois ruisselantes, tandis qu’un murmure sourd résonnait dans les tuyaux, comme si le flux d’eau était bloqué.
Accroupi, il observa la canalisation principale : un énorme bloc vert opalescent, tâché de noir, s’y insérait parfaitement.
Au début, il crut à des déchets industriels ou à des sacs écrasés. Mais plus il le regardait, plus il comprit que ce n’était pas ordinaire. Il tenta de le déplacer avec un crochet : impossible. La surface semblait vivante sous la pression de l’eau.
Un frisson le traversa.
Quand l’eau se retira légèrement, le contour devint clair : c’était un bouchon gonflable professionnel, conçu pour des travaux réglementés. Et il n’aurait jamais dû se trouver là.

La routine devint horreur en un instant. Il alerta l’opérateur, et la police arriva. Ce qu’ils découvrirent dépassait tout : plusieurs bouchons bloquaient les canalisations, comme si quelqu’un contrôlait le flux de l’eau… ou la circulation des personnes.
Le groupe atteignit une chambre souterraine, normalement vide. Elle était maintenant remplie d’écrans, câbles et équipements reliés au réseau électrique.
Plans, cartes et caméras projetaient des images de la rue. Quelqu’un avait installé un centre d’opérations sous la ville.
Puis des pas se firent entendre. Des voix basses parlaient des rues et de l’efficacité des blocages. Ils prévoyaient des braquages : magasins, banques, bijouteries. Un simple ouvrier venait de découvrir un crime majeur, caché sous les pieds de la ville.