Alors que je descendais la vieille rue étroite de mon enfance, quelque chose d’inhabituel attira mon regard. Sur le sol gisait un objet brillant, qui ressemblait à un saxophone… mais il semblait presque vivant.
Le matin était froid, le brouillard humide enveloppait le village, et l’air portait l’odeur de la mer.
Plus je m’approchais, plus mon cœur battait : ce n’était pas un simple objet, mais une fragile créature échouée sur la terre ferme.

Un ancien du village, remarquant ma surprise, murmura : « Elle vient de la mer.
Elle a peur de la terre ferme. » Il expliqua que parfois, ces êtres marins se retrouvent sur le rivage et ne peuvent survivre longtemps sans eau.

Je la pris délicatement et la déposai dans une flaque voisine.
D’abord hésitante, elle se mit bientôt à se mouvoir librement. Je souriais, soulagée : j’avais fait le bon choix.
Ce matin-là, j’appris que même la plus petite et étrange des créatures porte en elle la vie et le sens. Et parfois, l’étrangeté n’est pas loin : elle est juste là, devant nous, au coin de la rue.